Y. Bourgnon : “”C’est aux skippers d’être les ambassadeurs de la lutte contre la pollution””

Pouvez-vous nous raconter la genèse de ce projet ?

J’ai eu la chance de réaliser deux tours du monde à la voile, dont un avec mes parents quand j’étais petit, il y a trente-cinq ans. Depuis, j’ai refait un tour du monde, entre 2013 et 2015, sur le même parcours, avec un petit catamaran de sport à voile, au ras de l’eau et sans habitacle [récit à lire dans "Gladiateur des mers", éditions Arthaud, ndlr]. J’ai été choqué par la pollution, les macros déchets plastique, moi qui croyais que ces déchets étaient nanos ou micros. En rentrant en France, j’ai fait une expertise globale de ce qui existait dans la récupération classique, comme les solutions pour les sorties de rivière ou pour nettoyer les plages, mais je n’ai rien trouvé pour aller chercher les déchets en mer. Je me suis dit qu’il fallait imaginer un bateau à voile, pour ne pas dépenser encore du carburant, un multicoque, pour bien laisser passer les déchets et les capturer derrière. C’est aux skippers d’être acteurs et ambassadeurs de ce genre de cause car nous subissons la pollution de plein fouet, notamment lors de collisions avec des containers qui nous obligent à abandonner les compétitions.

Quelles sont les caractéristiques du bateau ?

Le bateau mesurera 60 mètres de long et 72 mètres de large en mode déplié. Il sera composé de quatre coques, pour laisser passer les déchets, avec deux grands mats de 50 mètres de haut et une capacité de stockage de 600m3 équivalant à 100 tonnes de déchets plastique. Nous avons essayé d’imaginer le plus grand bateau possible pour obtenir des résultats significatifs sur la collecte. Notre engagement reste petit mais avec un bateau aussi grand on peut ramener quelques milliers de tonnes de plastique et ce n’est pas négligeable.

Le premier palier de la campagne est atteint, avec 80 000 euros récoltés. Quelle est la prochaine étape ?

Elle consiste à atteindre les 150 000 euros pour financer le prototype. Le plus important est de mettre au point le collecteur de déchets. Fabriquer un multicoque à voile, on sait le faire sur plan. Pour concevoir un collecteur, rattaché au bateau, il faudra des essais en mer. Nous pourrons avancer sur les plans et sur le bateau. Cela devrait durer de deux à trois ans. Cette campagne va nous permettre de continuer ce processus enclenché il y a huit mois.

Vous aussi, joignez cette révolution écologique en participant à la collecte de fonds.

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